Je plaide coupable !

Être mère, c’est être responsable. Mais c’est aussi se sentir coupable.
Quasiment tout le temps. Pour un oui ou pour un non.
Et même quand on se convainc qu’on n’est pas fautive, la culpabilité prend le dessus tout de même, inconsciemment, et nous ronge de l’intérieur.

En fait, en devenant mère, on devient forcément celle qu’on accuse, à tort et à travers.
Explicitement ou implicitement.
Même lorsqu’on est sûre de nous, de l’éducation qu’on donne, des valeurs que l’on transmet, il y a bien souvent des moments où l’on se sent mal.
De la moindre petite chose qu’on a faite ou justement pas faite. De la moindre parole qu’on a dite ou justement pas dite.

Avant la naissance de mon fils, c’était un ressenti que je connaissais, certes, mais lors d’occasions bien particulières comme une dispute avec un proche et des mots blessants dits malencontreusement.
Je regrettais mes paroles et/ou mes actes, et demandais pardon.
Voilà le genre de moment où je me sentais coupable. Mais c’est tout.
Sûre de moi et de mes choix, c’était une notion qui ne faisait pas partie réellement de mon quotidien.

Mais il y a plus de deux ans maintenant, alors que mon fils venait au monde, ce sentiment surgit d’un coup comme s’il avait été enfoui pendant 30 ans et qu’il attendait que je devienne mère pour exploser.

Je ne me pose pourtant pas vraiment de questions quant à mon rôle de maman.
Je me fais avant tout confiance, avant de donner raison à qui que ce soit.
Je me laisse porter par mon ressenti, sans faire attention aux remarques ou conseils. Je marche au feeling, c’est toujours ainsi que j’agis.

En fait, je n’écoute que moi ou presque car je sais que mon coeur ne me trompe jamais.
Je me sens mère depuis tellement longtemps, j’ai cet instinct depuis toujours et lorsque mon fils est né, je n’ai pas paniqué.
Au contraire, j’étais soulagée et notre vie à trois allait enfin pouvoir commencer, dans la joie et la sérénité.
Pourtant, voilà, la culpabilité m’accapare souvent, jamais longtemps heureusement, mais souvent.
Pour des tas de petites choses qui peuvent paraître ridicules aux yeux des autres.

« Je suis trop présente, je ne suis pas assez présente, je l’ai trop couvert, je ne l’ai pas assez couvert, je lui ai trop donné à manger, je ne lui ai pas assez donné à manger… »
« J’aurais dû faire ci, j’aurais dû faire ça, j’aurais dû faire attention, je n’aurais pas dû crier… »
En fait, j’ai tellement envie de donner le meilleur à mon enfant que je me mets en cause au moindre faux pas.

« Oh j’aurais dû lui prendre son écharpe, il va avoir froid! », « J’aurais dû le mettre en t-shirt, il va avoir chaud! », « J’aurais dû changer sa couche plus tôt, il ne devait pas être à l’aise »…
Evidemment, ma culpabilité est au summum quand il tombe et se blesse: « J’aurais dû faire plus attention! ».
À ce moment-là, mon coeur de mère saigne et je m’en veux de ne pas avoir su le protéger et donc tenir mon rôle comme il se doit.

Et quand ma petite tête blonde parvient parfois à me pousser à bout, je m’en veux par la suite d’hausser le ton. Je me sens alors aussitôt coupable d’avoir perdu mon sang-froid et de ne pas avoir trouvé à la seconde les mots et l’attitude qu’il faut pour le calmer autrement qu’en m’énervant.
J’essaie de garder en tête la notion d' »éducation bienveillante », mais même si la douceur et la pédagogie font clairement partie de mes qualités, il est souvent difficile de contrôler chacune de nos émotions.

Je parle, j’écris, et je vis avec mon coeur comme guide.
Je ne peux pas aller à contresens de ses émotions.
J’ai du mal à faire cela: garder la tête froide pendant que mon esprit bouillonne.
J’ai beau me raisonner, me convaincre que j’ai le droit de ne pas être une mère et une femme parfaite. Mais rien n’y fait.
« Accusée, levez-vous ! » résonne dans ma tête.
Et je plaide évidemment coupable…

Mais chaque jour que D.ieu fait, j’essaie de m’améliorer.
Et je pense que cela me réussit, cela NOUS réussit.

Et surtout et avant tout, l’essentiel est là: L’AMOUR.
Le vrai, le pur, le géant. Celui qui fait tout oublier.
La joie de vivre de mon fils et la relation qui nous lie sont la preuve que c’est cet amour-là qui importe. Pas mes imperfections de mère.

Alors oui, je ne suis peut-être pas aux yeux des autres la mère parfaite, mais finalement je pense être la mère parfaite pour LUI.

Je sens et sais mon fils épanoui auprès de nous, dans notre maison du bonheur.
Et voilà ma plus belle réussite…

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