De simples stickers sur un frigo

Je me suis levée ce matin-là, les yeux encore mouillés de larmes et mon cœur endolori.

Encore une putain de FIV ratée.
Et mon corps et ma tête qui n’en peuvent plus. Trop de déception, de tristesse, de douleur.
J’y ai tellement cru cette fois-ci, et je pensais être dans de bonnes dispositions.

STOP.
C’est ce que je me suis dit juste après l’annonce de cet énième échec.
Je croyais qu’avoir déjà un enfant me rendrait plus forte face à la PMA, c’est le cas la plupart du temps, mais physiquement c’est plutôt l’inverse.
Déjà fatiguée par mon rythme quotidien, entre le boulot et mon fils, en ajoutant la course aux injections et examens médicaux, ça devient vite infernal.
Lors de mon traitement, je ressentais davantage les effets secondaires, mais je gardais le cap et restais positive. Toujours.
Pourtant, après les résultats de cette FIV-là, j’ai eu besoin de laisser mon corps reprendre le contrôle. Finis les traitements qui dictaient sa conduite.
Ce n’était plus à moi de prendre la main sur lui, c’était à lui de me guider maintenant .

Noyée dans mon océan de tristesse, j’attendais le moment propice pour remonter à la surface.
Comme à mon habitude, j’ai ce besoin de lâcher-prise.
Je laisse mes émotions s’exprimer librement, je pleure, j’explose même en sanglots et je crie si j’en ai besoin.
Une fois mon sac vidé, je suis prête à reprendre le combat.
J’ai toujours fonctionné ainsi et c’est ainsi que je survis.

La fois dernière, j’avais très vite séché mes larmes. Trop vite.
Et du coup, paradoxalement, j’avais perdu mon âme de combattante.
Je pensais qu’il fallait vite passer à autre chose pour se sentir mieux alors qu’au contraire, j’ai besoin de ces instants, de ces jours, ou même des semaines s’il le faut, de repli dans ma bulle de tristesse.
Et puis, plutôt tôt que tard, je la perce cette bulle.
Il faut juste me laisser être dans mon cocon pour qu’ensuite je revienne au monde plus forte et déterminée que jamais.

À ceux qui passent par toute épreuve : Ne vous sentez pas faible si vous laissez couler vos larmes. Vos pleurs vous sont parfois nécessaires et ne laissez pas les autres vous faire croire le contraire.
Votre force, elle est là justement. De laisser parler votre corps et votre cœur sans filtre, sans façade, sans honte, et de réussir ensuite à sécher vos larmes et reprendre les armes tel un guerrier.

Il m’aura fallu à peine quelques jours pour vraiment rebondir.
En fait, il m’aura fallu moins de temps que lors de mon précédent échec car je ne m’étais pas mise de pression sur la durée de ce « deuil » et c’est cela qui m’a finalement aidée.
J’étais encore affaiblie et triste évidemment, mais j’ai très vite relativisé et me suis relevée.

Ces jouets traînant sur le sol de mon appartement, et ces fameux stickers d’animaux sur le frigo posés délicatement par mon fils…
Ils ont été mon oxygène.

On a tous quelque chose qui nous ramène à la vie lorsqu’on perd notre souffle.

Pour des mamans infertiles comme moi, ça peut être un câlin de leur enfant, le cri qu’il pousse à son réveil, la vue d’un simple lego par terre…
Pour ces femmes au ventre vide et qui rêveraient un jour d’être mère, ça peut être l’amour de leur conjoint, sa présence, son réconfort, ses bras, cette complicité qui les lie.
Pour celles qui désespèrent de trouver justement l’amour, ça peut être un travail épanouissant, un loisir passionnant, des amitiés précieuses.
Et ainsi de suite…
Nous puisons tous notre force dans quelque chose.

Ce matin-là, lorsque je me suis levée l’âme blessée, mon pansement a été de voir le bazar laissé par mon fils dans notre maison.
J’ai levé les yeux au ciel et j’ai remercié D.ieu du plus profond de mon cœur.

Et même si je ne sais pas ce que l’avenir me réserve, ce que je sais en revanche…
C’est qu’il me suffit d’un regard sur ces stickers collés au frigo pour me rendre compte de ma chance…

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