A celles qui rêvent de ce jour…

Ça y est, on y est.
Ce fameux dimanche du mois de mai.
Personne n’a pu passer à côté. Les messages publicitaires envahissent nos boîtes mails depuis des semaines…!
« Joyeuse fête des mères », nous souhaite Monoprix; « Belle journée des mamans », nous dit « Sephora ».

Moi aujourd’hui j’ai envie de m’adresser à celles qui vivent cette fête dans l’ombre des rires des familles.
Aujourd’hui, je pense à celles qui rêvent de ce jour… 

Je ne vais pas vous le cacher, pour moi la fête des mères, c’est un jour spécialement attendu, un peu comme mon deuxième anniversaire !

Il faut dire que lorsque mon fils est né, je suis née aussi de nouveau…
J’avais si souffert pour y parvenir, j’avais surmonté tellement d’épreuves, je l’avais tant attendu, que lorsqu’il a pris son premier souffle, j’ai respiré avec lui, de bonheur.
Il est devenu mon oxygène.

Alors, la fête des mères avec toute sa mignonnitude absolue, ses coeurs en pagaille, ses bons sentiments, je l’ai méritée et je veux la vivre pleinement !

Pourtant, et comme beaucoup de femmes malheureusement, j’ai auparavant appréhendé et même réussi à détester cette journée.

A celles qui passent par là, je voulais vous dédier ce texte.
Vous dire que je vous comprends, que je compatis et que je prie avec vous pour que cette journée vous soit très bientôt enfin consacrée.

Je le sais, ça fait plusieurs jours que vous en entendez parler, et vous prenez sur vous.

Vous voyez vos boutiques préférées devenir vos pires ennemies avec leurs messages inscrits en gros, en gras et pas de petite astérisque pour vous, les infertiles.
Bah non, pas de « Joyeuse non-fête des mères ».
Vous tentez d’échapper à cette euphorie oppressante, car le moindre rappel est comme une porte que vous vous prenez en pleine face.
On vous force alors à faire ce terrible constat : non, je n’ai toujours pas d’enfant… et j’en souffre.

Aujourd’hui, pendant que toutes les mamans de France se font chouchouter, vous, vous pleurez.
Les larmes ne coulent pas forcément toujours, mais elles sont là, enfouies dans votre coeur, prêtes à se déverser à tout moment.
Vous tentez de vous occuper de votre côté, de libérer votre esprit en attendant que ce dimanche de printemps passe.

Les gens ne se rendent pas compte comme ça peut faire mal.
De croiser dans la rue un joli ventre rond, de voir des familles au restaurant, de faire face à une énième annonce de grossesse de l’entourage, d’entendre des mamans se plaindre de leurs enfants… Oh oui, ça c’est peut-être même le pire pour vous !

Vous en rêvez, vous, de ces yeux cernés par la fatigue, de ces nuits qui n’en sont plus vraiment, de ces cris d’enfants qui vous réveillent.
Vous en rêvez, vous, de ces tâches de rejet sur vos vêtements, de ces mouchages de nez à répétition lors de l’hiver, de ces accidents de couche.
Vous êtes plus que prête.

Alors quand arrive la fête des mères qui vous rappelle que ce jour n’est clairement pas le vôtre, vous avez juste envie de crier.

Vous voulez juste qu’on vous laisse tranquille avec cette ambiance cucul la praline ! C’est comme la Saint-Valentin… Ça peut faire vraiment déprimer un célibataire qui rêverait d’être en couple.
Et c’est vrai que j’ai souvent pensé à eux aussi, ceux qui passent leur soirée du 14 février en mode Bridget Jones le cœur brisé.

C’est la vie, c’est ainsi, il faut constamment faire face à la pression du monde environnant.
Les réflexions des soi-disant amis, de la famille, des collègues aussi.
Tout le monde y passe un jour: « Alors, qu’est-ce que t’attends toi pour te marier ? »,  « Bah alors, toujours pas de polichinelle dans le tiroir ? » et j’en passe.

Ça y est, on y est.
Ma deuxième fête des mères depuis la naissance de mon fils.
Aujourd’hui, je suis comme une reine auprès de mon roi et de mon prince. Et je remercie Dieu de m’avoir offert le plus beau des cadeaux.
Mais je ne peux pas vivre ce moment-là sans penser à vous, mes Warriors.
Celles qui souffrent dans l’ombre et en silence du manque d’enfant.
Celles qui rêvent de ce joli dimanche du mois de mai.

Même quand vous pensez avoir atteint vos limites, ne baissez pas les bras. Jamais.
Continuez de vous battre car vous y arriverez tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, mais vous y parviendrez.
Et vous vous direz alors que ça en valait tellement la peine…
Croyez-y, toujours, c’est ce qui vous aidera à tenir.
Accordez-vous du temps pour vous-même, faites-vous chouchouter, car vous le méritez.

J’espère de tout coeur que l’année prochaine vous pourrez enfin vivre ce jour avec le sourire.
Et, comme moi, je suis sûre que vous penserez alors à celles qui espèrent toujours.

Car une chose est sûre, même avec notre enfant dans les bras, ce combat-là, on ne l’oublie pas…

2 commentaires sur “A celles qui rêvent de ce jour…

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